Biographies

Patrick Moser


Patrick Moser était destiné à une carrière d’astronaute. Son père, qui participe au programme spatial Apollo de la NASA, rêve de l’envoyer dans l’espace. Mais l’événement du 30 octobre 1987 ainsi que d’autres faits marquants en décideront autrement. C’est dans la littérature, désormais, que Patrick Moser ira à la rencontre des étoiles. Après la désolante expérience du service militaire, il entre en lettres et signe pour 5 ans ferme. Lui prend ensuite l’idée d’enseigner – activité qui lui permettra de voir défiler une large palette d’êtres humains en devenir : il chante des comptines avec des élèves de 5e année, apprend les subtilités de la dissertation aux lycéens et sensibilise les étudiants de l’université aux finesses de l’analyse littéraire. Dans la foulée, il inaugure un cours sur la virgule en tant qu’unité de sens chez Flaubert. En 1998, il relit Moon Palace de Paul Auster dans la traduction de Christine Le Bœuf. C’est alors qu’il découvre le monde fascinant de la traduction – monde dont il veut se faire l’explorateur. Il retourne sur les bancs de l’université, à Genève pour décrocher un post-grade. Devenu traducteur, Patrick Moser se fait connaître dans le milieu. Ses travaux sont notamment remarqués par Kenneth Branagh qui aura recours à ses services pour une adaptation de Love’s Labour’s Lost de Shakespeare. Suivront Martin Scorsese pour le film Gangs of New York et Tim Burton pour Big Fish. A noter également l’étonnant document Dans l’angle mort – la secrétaire d’Hitler, dont Patrick Moser signe la traduction pour la Suisse.

Pour inaugurer le nouveau millénaire, Patrick Moser rejoint la carrière scientifique qui lui était destinée et invente le nanotexte – genre littéraire entre le haïku et la nouvelle : court, dense, polysémique, cinématographique, quintessenciel. Le nanotexte donne à voir. Il est à la littérature ce que le film muet est au cinéma : il va à l’essentiel.

En 2002, après de nombreux réglages et ajustements, Patrick Moser publie aux éditions Castagniééé un premier recueil de nanotextes, La Saveur des Mots, œuvre d’exploration générique, d’expérimentations et découvertes. Suit en 2003 un second recueil, Icare, dans lequel le nanotexte prend son envol, puis un troisième, Tu ne voleras point, en 2005, qui définit les limites du genre et consacre la naissance d’un style.